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Acteurs / Réalisateurs / Dates :
Film Américain de Mark Romanek
Scénario de Mark Romanek
Musique de Reinhold Heil, Johnny Klimek
Sortie en France le 18 septembre 2002
Durée : 1h38
Site officiel : http://www.foxfrance.com/films/photo_obsession/home.html
Avec :
| Comédiens et Comédiennes |
Dans le rôle de : |
| Robin Williams |
Seymour Parrish dit "Sy" |
| Connie Nielsen |
Nina Yorkin |
| Michael Vartan |
Will Yorkin |
| Gary Cole |
Bill Owens |
| Dylan Smith |
Jake Yorkin |
Anecdotes
Deauville 2002 : Prix du Jury, Prix Journal du Dimanche du Public et Prix Première attribué par les lecteurs du journal. PHOTO OBSESSION a été présenté au Festival de Sundance en janvier 2002. Mark Romanek, né en 1959, a déjà réalisé STATIC en 1985 avec Keith Gordon et Amanda Plummer.
L'équipe habituée des films sombres
On retrouve dans les différents noms de l'équipe technique de Photo Obsession des habitués de plusieurs longs métrages inquiétants. Le directeur de la photographie Jeff Cronenweth a par exemple travaillé sur Fight club, et il avait été chef opérateur de deuxième équipe sur les thrillers The Game et Seven de David Fincher. Le chef décorateur Tom Foden avait créé l'univers baroque de The Cell, le chef monteur Jeffrey Ford avait travaillé sur The Yards. Quant à la costumière Arianne Phillips, elle a habillé entre autres Winona Ryder et Angelina Jolie dans Une vie volée et Brandon Lee dans The Crow.
La tournée des festivals
Diffusé en première mondiale en janvier 2002 lors du festival international du film de Sundance, Photo Obsession a également été présenté dans la sélection officielle du festival du film américain de Deauville en 2002, où il a obtenu trois prix : le prix du jury (ex-aequo avec Long Island Expressway (L.I.E.)), le prix Journal du dimanche du public et le prix des lecteurs de Première. Le film faisait partie de la sélection officielle du festival de Locarno cette même année.
Un célèbre réalisateur de clips
Avec Photo obsession, Mark Romanek signe son second long métrage. Mais il est également le réalisateur de nombreux clips, maintes fois primés et très remarqués en raison de leur esthétique futuriste et alambiquée, comme par exemple le clip Scream du duo Janet Jackson / Michael Jackson (une vidéo en noir et blanc dans un vaisseau spatial), les clips Rain et Bedtime Story de Madonna, mais également des clips pour Lenny Kravitz, David Bowie, le groupe de rock industriel Nine Inch Nails...
Un monde aseptisé
Pour créer l'ambiance totalement aseptisé du magasin SavMart dans lequel évolue le personnage de Robin Williams, le réalisateur Mark Romanek, a fait appel au chef décorateur Tom Foden, déjà responsable des décors esthétisants du thriller The Cell. Robin Williams décrit cet univers : "Le SavMart est, comme nombre de grandes surfaces, un lieu d'abondance quasi surréaliste, un gigantesque amoncellement de produits de consommation qui paraît écraser notre personnage, coincé derrière son petit comptoir. Les murs sont d'un blanc laiteux, les lumières brillantes, omniprésentes, et Sy se fond dans le décor, se noie dans cette blancheur stérile."
Robin Williams et les Parrish
L'acteur Robin Williams aime porter le nom de Parrish dans ses films : il se nomme Seymour Parrish dans Photo obsession (One hour photo) tandis qu'en 1995, dans le film d'aventures Jumanji, son personnage s'appelle Alan Parrish.
Le choix de Robin Williams
La productrice Pamela Koffler explique comment s'est imposé le choix de l'acteur Robin Williams pour Photo obsession : "Nous avions besoin d'une vraie star pour exploiter pleinement le potentiel du sujet, d'un acteur charismatique prêt à jouer un rôle radicalement différent de ses précédents". Mark Romanek a également été séduit par le comédien : "Dès notre première rencontre, nous nous sommes retrouvés sur la même longueur d'onde. Et j'ai tout de suite su que Robin serait un atout majeur". Robin Williams a quant à lui été emballé par le personnage de Sy Parrish : "Pour commencer, je dois dire que je suis ravi qu'on m'ait proposé le rôle ! J'entends souvent dire que je ne joue que des braves gens. Or Sy, sans être foncièrement méchant, a une face d'ombre. Il se comporte de façon étrange, et parfois inquiétante. C'est tentant de se glisser dans la peau d'un personnage aussi fascinant." |
Résumé & Genre :
Suspence / Drame
Les conséquences d'une vie solitaire
Sy est employé dans la boutique de développement photo rapide d’un centre commercial. Il mène une vie solitaire et terne, rythmée par ses horaires de travail, ses pauses et ses soirées devant son écran télé. Il ne pense même pas à prendre des vacances. Sa seule distraction, son seul oxygène, c’est la famille Yorkin. Nina et Will Yorkin font en effet développer leurs pellicules dans la boutique de Sy depuis des années. Celui-ci s’est pris secrètement d’affection pour eux et leur enfant Jake, au point d’en oublier sa propre vie et de s’en inventer une, avec eux. Une fois les limites de la réalité franchies, plus rien ne sera pareil...
Sy Parrish est un homme effacé et timide qui dirige depuis des années le laboratoire photo de SavMart, une grande surface. Il vit seul, adore son métier et fait preuve de perfectionnisme dans sa manière de développer les négatifs.
Des centaines de photographies, sur lesquelles figure la famille Yorkin, tapissent les murs de son logement. Depuis des années, les Yorkin viennent en effet porter leurs pellicules à SavMart. Ces derniers symbolisent la famille de banlieue parfaite et Sy ne peut s'empêcher de suivre leur évolution à travers les doubles de leurs photos.
Mais un jour, Bill Owens, le directeur de la grande surface, le met à la porte. Sy ne tarde pas à trouver une série de clichés montrant Will Yorkin pris en flagrant délit d'adultère. Consterné par le comportement de ce père de famille, il décide d'agir.

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Critiques professionnelles :
Critique de MonsieurCinema.com :
MAUVAIS TIRAGE
Voici venue la version trash de MADAME DOUBTFIRE et de L’HOMME BICENTENAIRE. Robin Williams remet le couvert dans le rôle du meilleur ami de la famille. Sauf qu’ici, le meilleur devient le pire. Certes, la star grimaçante en fait moins que d’habitude, quoiqu’il se rattrape dans une scène ridicule de confession « psy » à la fin. Le film démarre plutôt bien. Mark Romanek a du savoir faire et réussit à créer une atmosphère tendue, entre la raideur clinique de la mise en scène (cadrages insistants, mouvements de caméra lents, tout est blanc, beige et bleu glacial autour de Sy) et le suspense psychologique du récit. La tension monte pour très vite s’essouffler. La raideur ambiante paralyse bien vite le film tant il finit par manquer de finesse. Le déroulement des événements devient prévisible et le soi-disant côté psychopathe du personnage principal fait sourire. Sans compter que le film se clôt avec une bonne dose de moralisme américain dégoulinant : « Voilà ce qui arrive à un méchant mari adultère et à sa famille ! ». Et Sy/Robin de pleurer sur ses traumatismes d’enfance... Pauvre Amérique ! (Olivier Pélisson)
Mad Movies - Cédric Delelée
Décrit dans ses moindres détails, le comportement obsessionnel de Parrish fait froid dans le dos (...).
Télé Obs Cinéma - Olivier Bonnard
Un premier film des plus prometteurs.
Télérama - Cécile Mury
Robin Williams, d'ordinaire abonné au cabotinage exubérant, s'essaie cette fois au cabotinage sobre. Tout à l'économie, gestes minuscules et tics furtifs, l'exercice est plutôt réussi. Il apporte une densité inquiétante, une détresse poisseuse au personnage. Nimbé de couleurs glacées, ce thriller sur le voyeurisme et l'obsession tient tout entier dans la tension de son regard malade.
Les Echos - Annie Coppermann
Non content d'entretenir, sans artifices, un suspense très angoissant, Mark Romanek montre une face bien sinistre de l'Amérique petite-bourgeoise (...). Il a su, en outre, miser sur un comédien totalement inattendu dans ce rôle à contre-emploi, et totalement convaincant : Robin Williams (...), impressionnant de névrose cachée, d'obséquiosité maîtrisée, de souffrance détournée, puis de rage incontrôlée. Un bon film.
Figaroscope - Brigitte Baudin
Un excellent suspense de facture originale, bien rythmé.
Aden - Philippe Piazzo
Inspiré par les films qu'il nomme "de haute solitude" comme Conversation secrète de Coppola, Taxi Driver de Scorsese ou Le Locataire de Polanski, Mark Romanek, sans tout à fait égaler ces prestigieux modèles, livre une variation inquiétante qui n'est pas indigne d'eux : le monstre est en fait une victime -victime d'un univers où s'exerce la plus grande des violences : l'indifférence.
Le Point - Olivier De Bruyn
Avec cette fiction souvent impressionnante, le néophyte Mark Romanek démontre qu'il maîtrise singulièrement l'art de la mise en scène. Quant à Robin Williams, il profite de l'occasion pour prouver que les personnages de " méchants " peuvent parfaitement lui convenir. Bref, un thriller mental efficace et une bonne nouvelle venue d'outre-Atlantique.
Novaplanet - Alex Masson
Photo Obsession n'est pas un thriller mais un drame psychologique, celui d'un homme ordinaire élevé au sein du mensonge qui ne sera jamais de taille à affronter la vérité d'une Amérique en voie de glaciation. Le rêve américain vu comme un cauchemar.
Le Parisien - Pierre Vavasseur
Un thriller bien ficelé, efficace et angoissant, dans lequel Robin Williams, loin de ses rôles comiques, montre la facette sombre de son talent.
Ciné Live - Laurent Dijan
Y a pas photo, Robin Williams trouve son meilleur rôle depuis belle lurette dans ce thriller assez malsain sur la folie et la solitude.
Première - Mathieu Carratier
Cadavérique, dégarni, Robin Williams impressionne en homme-enfant paumé qui court après le bonheur des autres.
Studio - Thierry Chèze
Cette folie calme et glaçante (...) constitue le terreau idéal pour ce thriller angoissant, à l'intrigue impeccablement ficelée.
Libération - Ange-Dominique Bouzet
Son sens du timing et des retournements se révèle particulièrement adapté au talent de Robin Williams : à la fois efficace et lourdingue. Le plus intrigant ne tient pas seulement au mystère du personnage central, pathétique et révulsif, mais à la brutalité des jeux de simulacres tissés, en abyme, autour de lui.
Chronic'art - Elysabeth François
Par cette attention à la dimension humaine de son histoire, Photo obsession se différencie du thriller lambda et peut aussi se lire comme une critique du modèle américain dont le vernis rutilant finit toujours par craqueler.
Cinélibre - Ivan Boher
L'action est quelques fois lente mais le scénario a le mérite de sortir de temps en temps des conventions du cinéma américain pour aboutir à une fin plutôt mystérieuse. Indéniablement, le talent dans la mise en scène est là mais les rebondissements manquent quelques fois à l'appel.
L'Express - Christophe Carrière
Depuis Happiness (...) et American Beauty (...), c'est l'American way of life qu'on assassine. Sauf que Photo Obsession ne fait que l'égratigner. Robin Williams a beau soigner son contre-emploi (...) et Mark Romanek son premier long-métrage (...), la charge se transforme rapidement en énième variation autour des dangers de l'adultère. Dans le genre grave, on a connu plus profond.
Zurban - Eric Quéméré
(...) ce thriller mollasson - au moins Liaison fatale était-il efficace - n'est en réalité qu'un prétexte à délivrer la bonne vieille morale qui voudrait que tout écart de conduite soit forcément, et violemment, puni. Affligeant.
Le Monde - Samuel Blumenfeld
On ne peut, non plus, tourner en dérision un certain mode bourgeois de vie familiale en adoptant une position de croisé de l'ordre moral. En cela, Photo Obsession est lui-même un simulacre de film, passionnant, angoissant, stimulant et vain.
Les Inrockuptibles - Amélie Dubois
Peu crédible histoire de solitude moderne, embourbée dans le puritanisme et les clichés.
Les avis des spectateurs :
Le meilleur Robin Williams
C'est certainement le meilleur rôle de l'acteur Robin Williams. Un superbe film...
Allez-y! Un peu spécial mais très bon. Flippant mais génial. Ce film est très bien mené et même s'il paraît un peu long par moment, il vous tient en haleine jusqu'au bout. Robin Williams est excellent.
Pour les amateurs de photographie, allez-y !!
Un très grand rôle pour Robin Williams, qu'il a su jouer avec talent, cela nous change de ces films comiques. Bref un très bon film et de bon moments à passer au cinéma mise à part une scène un peu trop "trash" qui n'a rien à faire dans ce film.
Certes, une fin inspirée de la morale judéo-chrétienne si propre à notre chère Amérique et semblable à celle de "liaison fatale" ; mais ce film reste malgré cela poignant et bouleversant dans sa manière de décrire la plus grande des misères de notre monde occidental : la solitude.
Scénario efficace et bien ficelé, jeu d'acteurs irréprochable (mention particulière à un époustouflant Robin Williams) et mise en scène d'une infinie méticulosité : "Photo obssession" est sans conteste un des meilleurs films de l'année 2002. Seule réserve : une fin par trop moralisante. Cet unique défaut mis à part, précipitez-vous !!!
"One Hour Photo" est pour moi un très bon film. Bien loin des standards habituels et surtout plein d'originalités. Même si parfois il y a des longueurs, il faut reconnaitre que la folie qui hante Sy nous hante presque tous. Qui n'a jamais eu l'impression d'etre un voyeur ?
La scène "trash" dont un commentaire parle ci-dessous est vraiment bien à sa place dans ce film, elle est le reflet cauchemardesque de notre voyeurisme... les yeux, c'est par là qu'on voit !
Robin Williams est excellent, mais ça, on n'en doutait pas. L'atmosphère aseptisée des différents endroits dans lesquels Sy vit (labo blanc, supermarché blanc, appartement blanc, voiture blanche...) est vraiment oppressante. C'est vrai que SavMart ne fait pas très "réaliste", quoique...
En tout cas, un film qui laisse plein de questions dans la tête à la fin de sa projection, c'est vraiment excellent.
Bonne surprise, enfin un bon rôle de Robin Williams depuis un bon moment, scénario habile, mise en scene efficace, musique étonnante pour ce film donc une bonne idée. Romanek est réalisateur de pub voilà pourquoi on a ce genre de musique. Robin Williams est parfait dans ce rôle de personnage solitaire, mal aimé qui rêve de faire partie d'une famille. Bref comment passer à côté de ce film si bon et si intelligent ?
Pour une fois Robin Williams joue à l'économie et sans atteindre dans ce domaine le talent de Michel Bouquet ou de Jean-Louis Trintignant, il réalise là une très bonne prestation. Je trouve quand même que le supermarché n'est pas du tout réaliste. Quel client aurait envie de faire ses courses dans un magasin qui ressemble à une morgue. Le sentiment de solitude extrême de Sy Parish aurait été encore mieux illustré dans un environnement plus coloré, plus vivant bref plus réel.
N'oublions pas l'hommage rendue à la magie de la photographie, magie qui peut d'ailleurs en envoûter certains.
Un film curieux et inégal qui laisse une impression bizarre en sortant. Robin Williams est parfait dans son rôle à contre courant, et malgré une atmosphère pesante et angoissante, on s'ennuie. Le début est très bien réussi avec les commentaires sur la photo mais la fin semble bâclée, non terminée. On attendait autre chose.
Pas mal mais un peu décevant ! C'est vrai que Robin Williams joue un rôle intéressant et bien loin des personnages qu'il interprète habituellement. Mais, bien que le sujet soit par lui-même très original, le film est un peu lent et plat ! La fin est surprenante mais on reste un peu sur sa faim...
Film plein de lenteurs et de vides non comblés. La fin est plutôt baclée. Que penser de la séance de photos perverse que Sy a fait prendre au couple dans la chambre d'hôtel ? Bref, on ressort de là avec un sentiment d'inachevé, la tête pleine de questions et l'impression d'avoir perdu son temps.
Une bonne idée mal exploitée dans un film américain moralisateur qui est trop long et trop explicatif, qui vire au mélo guimauve par sa musique sirupeuse et où les bons sentiments finissent par triompher avec un pesant conformiste de la tentation de la perversité que le sujet aurait dû creuser subtilement.
N'y allez pas si vous êtes fatigué, vous risqueriez de vous endormir devant la lenteur et la lourdeur de ce film...Attendez plutôt qu'il passe à la télévision ,comme ça vous gagnerez du temps pour aller voir un autre film !!! Certes le rôle de Robin willians est décalé (surtout par rapport à Flubber) mais le film souffre d'un manque de rythme et d'une pseudo lourdeur censée angoisser le spectateur....Et la pauvre morale de la fin me permet de conclure : c'est bien un film américain ...
La déception est à la mesure de l'impatience de voir ce film, notamment avec un Robin Williams à contre-emploi et l'accueil reçu au Festival de Deauville... Mais clichés, lourdeurs et déjà-vu sont au rendez-vous. C'est le royaume du copier-coller : ambiance froide et angoissante, genre Shinning; solitude tourmentée du personnage principal, genre Taxi Driver; petite famille bien comme il faut, (mais pas trop quand même, sinon on ne pourrait pas faire le film !) genre Fatal Attraction ou American Beauty et scène finale type pétage de plombs genre Misery.
Ajoutez une musique omniprésente dans les scènes d'angoisse, dosée avec la légèreté d'un téléfilm d'horreur de série Z, et vous y êtes... presque. Car il reste le scénario sur lequel on peut jeter un voile pudique. On dirait un film de fin d'études qui imite ses références. Sauvons tout de même Robin Williams, très bien, mais trop à l'étroit dans cette mise en scène sans imagination. |
Robin Williams au cinéma :
Connie Nielsen au cinéma :
Critique de Stuffou :
Un bon moment d'angoisse qui sera suivi d'un long moment de réflexion.
Ce film est plutôt fantastique et angoissant. Il va surtout vous faire vous poser plusieurs questions au final et vous faire vous interroger sur les thèmes de la solitude, de la famille et du couple.
Côté angoisses, sans qu’il y ait de moments réellement forts ou violents, il y a une tension persistante du début jusqu’à la fin. En fait, on est tendu tout au long du film et on craint à chaque instant quelque chose de grave va se produire. Cette tension nous est donnée grâce à différents éléments : la musique, l’ambiance sonore, les couleurs des lieux visités et surtout le regard et le caractère triste et obsessionnel de Robin William.
Robin William nous prouve encore une fois qu’il est l’un des meilleurs acteurs au monde. Cet homme a la capacité de nous faire sentir sa tristesse et la négativité de sa vie du début jusqu’à la fin de l’œuvre. Enfermé chaque soir entre ses mûrs blancs et bois, chaque jour dans son laboratoire blanc, toujours habillé en blanc, voilà à quoi ressemble le quotidien de cet être célibataire et seul. Le seul rayon de soleil de sa vie est le laboratoire dans lequel il travaille, ce qui est imagé et matérialisé par la bande bleue de l’enseigne, seul espace de couleur du laboratoire.
Le plus admirable dans ce film, c’est qu’il faut attendre plus d’une heure pour comprendre où ils veulent en venir, pour comprendre l’élément déclencheur qui va faire qu’enfin on va avoir une raison de s’inquiéter. Alors que depuis le début du film on angoissait sans savoir pourquoi, sans se demander quel événement grave pouvait se passer, il arrive donc ce moment où une photo va révéler toute la subtilité du film et déclencher encore plus l’angoisse de cet homme aux apparences si tranquilles. On a enfin une véritable raison d’avoir peur, de sentir encore plus l’angoisse monter en nous.
La conclusion est tout aussi extraordinaire que le film, mais elle est surtout morale et subtile. Même si malgré le suspense on se doute quelque peu de cette conclusion et de la forme qu’elle prend, on est tout de même grandement surpris par la pure morale et la pure subtilité de la situation.
Au delà de la beauté du film, de l’angoisse permanente et de la très belle morale, ce film va surtout vous faire réfléchir sur la solitude et les conséquences de la vie tout seul. Doit-on dire que cet homme est légèrement fou ou totalement fou ? Doit-on se demander s’il s’agit d’un petit transfert de personnalité ou d’un véritable malaise de sa condition humaine ?
En fait, il est difficile de répondre. Alors que durant tout le film on a l’impression d’observer un mec qui est complètement psychopathe, complètement déganté et qui pourrait à tout moment faire beaucoup de mal et en devenir violent, on fini par se demander s’il n’était pas tout simplement légèrement malade de vivre seul en permanence et qu’il avait juste besoin de se créer une famille virtuelle. En fait, il s’est tout simplement choisi une famille d’adoption, comme s’il s’agissait d’une sœur, d’un neveu et d’un beau frère. Mais, jusqu’où peut aller cette folie, cette imagination ? Comment va t’il réagir lorsqu’il va s’apercevoir qu’il ne représente rien pour eux en définitive ?
Egalement, si le thème de la solitude et de la tristesse de cette situation est omniprésent, c’est également le thème du couple et de la confiance qui sont abordés et traités. Doit-on prendre un jour ou l’autre le risque de mettre en péril sa propre famille en choisissant des chemins interdits ? N’y a t’il pas un risque d’être découvert et donc de tout perdre, jusqu’à sa vie ou presque ?
En fait, pour résumer ce film, certains ont tout mais ne semblent pas s’en contenter et s’en apercevoir, alors que d’autres n’ont rien et doivent donc vivre par procuration à travers la joie des autres.
Ce film est un véritable chef d’œuvre. Il va à la fois vous faire réfléchir sur la condition humaine pendant et après le film, alors que durant deux heures il va vous donner des angoisses et sueurs froides.
Il faut impérativement le voir au cinéma, sur grand écran. L’utilisation subtile de la couleur blanche et de l’ambiance sonore accroissent l’angoisse. Le rendu ne sera jamais le même sur une télévision, même avec un home cinéma. Le grand écran dans une salle obscure est du plus grand effet sur ce film angoissant. Courrez vite le voir…
Ca va vous faire réfléchir et vous faire avoir peur.
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