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Critiques professionnelles :
Critique de MonsieurCinema.com :
DIX ANNÉES DE GESTATION POUR ACCOUCHEMENT DÉLICAT
Après deux lustres et des atermoiements sans fin, on s'attendait un peu au pire : le roman de Thomas Harris qui n'en finissait plus de ne pas arriver, son étrillage critique dès sa parution en 1999, le scepticisme et l'abandon de l'oscarisé Jonathan Demme pour l'adaptation cinéma, suivi de celui d'une Jodie Foster jugeant le livre trop gore, puis, coup de grâce final, le retrait peureux d'un Anthony Hopkins prétextant que si ses anciens compagnons n'y allaient pas, fallait plus trop compter sur lui... il y a à peine un an, Silence des Agneaux II, sous-titre Hannibal, était alors mort. Mais l'entêtement... ou les millions de dollars en attente,
bref : après un énième remaniement de script par Steven Zaillian, Ridley Scott accepte de s'atteler à la sequel. Ravissement : Anthony Hopkins se dit alors prêt à revêtir pour la seconde fois les oripeaux du cannibale, Julianne Moore est débauchée pour remplacer Foster, le projet repart... que ne ferait-on pas pour un grand réalisateur, des millions de fans et autant d'argent ?
GOODIE, GOODIE !
Maintenant que le film est à l’affiche, ne décevons pas plus longtemps l’attente : HANNIBAL est un bon thriller de facture classique. On y retrouve de bout en bout la fameuse touche "esthétisante" de Ridley Scott, et on se laisse lentement porter au fil de décors superbes et oppressants sur une inquiétante musique lorgnant vers le fantastique : l’ambiance y est, plombant le film, lui conférant une sorte de densité dans le sombre assez éprouvante, entre une Florence nocturne et les sous-sols des quartiers FBI de Quantico baignés de néons verdâtres. Dans cet univers au rythme lent, les acteurs tiennent parfaitement leur partition, de l’étonnante et adulte Julianne
Moore (qui supplante avec brio les hésitations énervantes de la jeune Foster-Starling), au méconnaissable Gary Oldman, en passant par le flic florentin Giancarlo Giannini rongé par un passé aussi historique que sanglant... HANNIBAL, avec cette escorte de comédiens, peut s’aventurer en des contrées où personne n’a encore jamais porté le spectateur dans un film à fort potentiel commercial : des pics gore vraiment gore, et un final hallucinant, choquant ou grotesque, audacieux ou bêtement sanglant, au choix, mais extrêmement osé et dont on ne parlera donc pas plus.
LA FOIRE AUX MONSTRES
Mais l’aspect le plus intéressant d’HANNIBAL, lorsqu’on repousse une histoire assez maigre et, tout compte fait, bizarrement ficelée pour un film de ce calibre, réside dans sa représentation très particulière du Monstre. Si le film oppose deux différentes monstruosités (l’apparence de Verger / les tréfonds de Lecter), Ridley Scott ose une nouvelle fois, en filmant ces deux entités à part entière, en tant que réels personnages. Out ÉLÉPHANT MAN, MASK ou FREDDY, qui nous offraient des monstres-personnages atténués par leurs histoires dramatiques ou la présence du fantastique : dans HANNIBAL, la défiguration de Verger fait partie intégrante du thriller et de son ambiance angoissante. Verger a
de l’importance (c’est le méchant !), il est donc traité comme tel, et se succèdent les gros-plans lumineux de son visage horrifique particulièrement bien maquillé. En quelque sorte, il est le héros du film. A l’inverse, Lecter, beaucoup moins inquiétant que dans LE SILENCE DES AGNEAUX, traîne un regard froid sans réelle accroche, qu’il transcende par une violence soudaine in concreto. C’est justement là que le bât blesse : même si une flopée de fans iront certainement lui trouver un aspect indéniablement génial, Hannibal Hopkins semble vidé dans cet opus, comme absent, et à l’inverse d’un Verger qui disparaît trop vite, il ne suffit pas de le voir pour éprouver un frisson (en témoigne la présence des scènes gores). Attendons donc le troisième volet, et espérons y trouver un Lecter à l’aura plus trouble et à l’attitude plus provocatrice, surtout moins empêtré dans un rôle semi-romantique qui ne sied pas au cynisme fondamental de ce personnage...
Guillaume Tion
Le Parisien - Pierre Vavasseur - 28/02/2001
«(...) un mélange de super thriller et de film « gore », cimenté par un scénario beaucoup plus malin qu'on ne le pense et par un Anthony Hopkins toujours aussi fabuleux.»
Urbuz.com - Vincent Malausa - 27/02/2001
«Il y a dans Hannibal, beau film fantomatique, tout ce que le cinéma de Ridley Scott comporte aujourd'hui de restes admirables et d’engourdissement langoureux (...) »
FHM Laurent Djian - 01/03/2001
«"Beurk", s'écriront les âmes sensibles qui vomiront leur quatre heures. Les autres, friands de sadisme et d'images affreusement cruelles, diront "Les agneaux ? J'y go".»
Cine Live Marc Toullec - 01/02/2001
«Une suite à la fois attendue et redoutée. En optant pour un traitement diamétralement opposé à celui du Silence des agneaux, le réalisateur de Gladiator relève le défi, mais n'évite pas les bouffissures.»
Le Journal du Dimanche - Stéphanie Belpêche - 04/03/2001
«Malgré un éclairage savant et une mise en scène très esthétisante, le scénario bancal, le manque cruel de rythme et de suspense, et la complaisance dans le gore grand-guignolesque ne permettent pas à Hannibal d'égaler son prédécesseur.»
Première - Gérard Delorme - 01/04/2001
«Malgré une mise en scène parfois impressionnante, Hannibal n'est ni digne ni fidèle à l'esprit des deux précédents films inspirés du cannibale sympathique (Le Sixième sens, de Michael Mann, 86, et Le Silence des agneaux).»
Libération - Gérard Lefort - 28/02/2001
«Autant Demme filmait un huis clos carcéral comme s'il s'agissait d'une super-production à mille figurants, autant Scott peine et patine à filmer (...) l'intimité d'un rapport censément SM entre Hannibal et son tourmenteur, l'agent Starling.»
Repérages - Gilles Esposito - 01/03/2001
«Très attendue, la suite du Silence des agneaux n'en sombre pas moins dans le ridicule, en alliant un récit chaotique à un grand tohu-bohu de thématiques, diverses et variées, qui attestent de l'ambition démesurée de l'entreprise (...)»
Les avis des spectateurs :
Un diamant noir
Hannibal m'a véritablement coupé le souffle. A dire vrai jamais, je dis bien Jamais, un film ne m'avait autant angoissé, retourné, fasciné, captivé. C'est un cauchemar, un tableau gothique et baroque de nos peurs les plus profondément enracinées; mais c'est aussi une vertigineuse histoire d'amour. C'est le Diable éternellement amoureux du Bien.
Merveilleux Hopkins, troublante J.Moore.
Une merveille.
Hannibal ? Génial !!!
Un long discours serait vain; toute la magie de ce film ce résume ainsi : chef d'oeuvre, réfléchi, démoniaque...
Triste suite
Quelle dommage de faire une suite aussi peu savoureuse après un chef d'oeuvre.
Que dire d'abord de l'entrée en matière qui semble ne jamais s'arrêter mais aussi et surtout de la scène comico-gore du repas. Hannibal, malgré un très bon Hopkins, n'est plus ce qu'il était, devenant un psychopathe sans mystère. Il perd ainsi tout son charisme.
Enfin on aura pu remarquer que Jodie Foster est irremplaçable.
Hannibal qui ?
Émerveillée devant Le Silence des Agneaux, déçue devant Hannibal... Ce film fait peut-être son effet sur ceux qui n'ont pas lu "Hannibal" de Thomas Harris, mais pour les autres, abstenez vous d'aller le voir. Il y manque énormément de choses et surtout toute l'atmosphère créée par Harris. Plus gore que psychologique même si Anthony Hopkins est toujours aussi parfait en Hannibal Lecter.
Trop facile, trop de choses montrées.
On ne retrouve pas l'angoisse du Silence des Agneaux, car dans Hannibal, l'horreur est montrée, non pas suggérée.
C'est très décevant : on éprouve du dégoût, pas de l'angoisse.
Un excellent thriller qui suit relativement bien le livre dont il est extrait.
Un excellent thriller que cet Hannibal, et un sublime acteur que cet Antony Hopkins.
A ceux qui critiquent autant le "gore" dans ce film, je demande : avez-vous lu le livre de Thomas Harris ? Il regorge de scènes très dures, auxquelles Scott a pris le parti d'être fidèle. Doit-on vraiment lui reprocher ? Le livre est dérangeant dans la mesure où il nous force à admirer Lecter, mais il est extraordinaire en cela : nous forcer à prendre conscience de notre fascination pour ce génie malsain (avons-nous une part de Lecter en nous ?).
Le silence du chef-d'oeuvre.
S'il existe bien des chefs-d’œuvre, on ne peut cependant pas dire que Hannibal en soit un.
Une Julianne Moore terne et ne méritant pas le nom de Clarice Starling et un Ridley Scott dont les mouvements de caméras (qui nous ont tant fait frissonner d'angoisse dans Alien) n'ont d'intérêt ici que pour nous dresser l'album photo de cette très belle ville de Florence.
Merci à Anthony Hopkins d'avoir perduré dans son rôle et d'avoir apporté la touche de génie que les fées lui ont donnée à la naissance. |
Anthony Hopkins au cinéma :
Julianne Moore au cinéma :
Ridley Scott au cinéma :
Critique de Stuffou :
Un bon film, avec du suspense et sans trop de scènes d'horreur. Toutefois, ceux qui attendaient une véritable suite du premier seront très déçus.
Ce film est très bien tourné, avec des moments chocs, du suspense et une juste dose d'horreur et de cruauté.
Anthony Hopkins est toujours aussi impérial dans son rôle toujours aussi cruel.
Toutefois, il ne faut pas s'attendre à un film policier aux folles courses poursuites, non plus à une réplique exacte du premier épisode.
Il s'agit plus ici d'une recherche méticuleuse d'indices pour retrouver l'un des 10 hommes les plus dangereux de la planète. C'est également la mise en place d'un plan de vengeance réfléchit, demandant beaucoup de précautions et de patience. Ainsi, le film perd en rythme et en action, même si le début commence très fort.
La plupart des adorateurs du "Silence des Agneaux" seront déçus par cette seconde partie moins rythmée et moins suspense, mais plus actions, mettant plus en scène la cruauté d'Hannibal Lecter. Cette déception se comprend, mais pour ceux qui ne connaissent pas le premier, ce nouvel épisode apparaît comme un très bon film.
A voir pour l'ambiance, la cruauté, le suspense, sauf si vous avez un peu trop idéalisé "Le Silence des Agneaux".
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