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(The fast and the furious) Retour fiche descriptive du film
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Interview de : Michelle Rodriguez , actrice dans FAST AND FURIOUS (26/09/2001)
"Je comprends tout ce qui est underground, de la mafia aux courses de voitures !"
Avant d’affronter des zombies et autres sympathiques créatures l’an prochain dans RESIDENT EVIL, ce sont des monstres mécaniques auxquels se frotte Michelle Rodriguez dans FAST AND FURIOUS. La jeune actrice était au dernier Festival de Deauville pour parler de cette production « ronflante » de Rob Cohen, un an tout juste après le succès remporté dans la cité normande par GIRLFIGHT, production indépendante dont elle était la révélation. Un véritable grand écart artistique pour la jeune femme.
Dans GIRLFIGHT, votre personnage était très sensible. Dans ce film, la psychologie est beaucoup plus caricaturale. Est-ce que ce changement a été frustrant pour vous ?
Non. Une actrice est censée savoir faire ça, vous savez ! J’attendais ce changement parce que je voulais travailler. C’était une chance d’essayer quelque chose de plus fou, je l’ai saisie, et j’en suis heureuse.
En fin de compte, une fille qui, dans un film, ne baisse jamais les bras pour que le garçon puisse faire la course, je trouve ça incroyablement ennuyeux, ou alors ils secouent l’arrière de la voiture pour faire comme s’ils faisaient l’amour, bahhh !
Vous voyez ça tout le temps, alors pourquoi faire un film là-dessus ? Là, on est au cœur de la course, de ceux qui courent, qui font leurs propres voitures.
Juste pour faire partie de ce monde, il y a des milliers de femmes qui feraient ça. Elles sont excitées et intriguées par ce monde.
Le mec conduit, met sa vie en péril, et en couchant avec lui, une fille fait aussi un peu partie de ça, sans mettre sa vie à elle en danger. Mais il y a aussi des filles qui veulent vraiment partie de ce monde, qui sont plus intéressées par les voitures que par les garçons et ça fait peur, parce qu’elles ne sont pas traitées correctement, elles ne sont pas respectées. Je crois que c’est une des raisons majeures pour lesquelles j’ai accepté de faire partie de ce film, parce que je voulais leur donner un peu la
parole, leur faire savoir que c’est OK, que l’on peut se faire respecter dans ce monde. Il suffit juste de rencontrer les bonnes personnes, et il y a déjà des filles qui ont pu le faire.
Est-ce que ça a été difficile de passer d’une petite production indépendante comme GIRLFIGHT à une grosse machine comme FAST AND FURIOUS ?
Ce sont les relations qui n’ont vraiment rien à voir. C’est plus gros, vous apprenez beaucoup plus, il y a moins de pression sur vous parce que vous n’êtes pas dans toutes les scènes (rires). Donc j’ai trouvé ça beaucoup plus facile, largement. Pour les deux grosses productions auxquelles j’ai participé, j’ai trouvé ça beaucoup plus facile que de travailler sur un film indépendant. Je pense qu’un film indépendant, c’est beaucoup plus une sorte de défi, de « challenge » pour moi personnellement, du moins avec la courte expérience que j’ai...
A un moment dans le film, quand vous passez la première la ligne d’arrivée, c’est presque comme si vous aviez un orgasme, non ?
Oui.. (rires)... vous n’avez pas raté ça, n’est-ce pas ?
Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que Rob Cohen voulait ça, et à cet endroit-là, c’est la seule et unique raison pour laquelle je l’ai fait ! Et aussi parce que j’ai vu une grande ressemblance entre les courses de voitures et le sexe... Vraiment je l’ai fait parce que Rob voulait que je le fasse. Il était d’accord avec tous les changements que j’avais envie d’apporter au script, alors la moindre des choses c’était que j’accepte de lui donner quelque chose qu’il voulait !
Personnellement, que pensez-vous des courses de rue / du street racing ?
Je pense que c’est un très beau sport. Beaucoup d’entre nous, dans le monde, ont l’obsession de la mort, de briser les règles. Tout le monde court après ça, et c’est presque un orgasme ça, de mettre sa vie en danger, de la pousser jusqu’à sa dernière limite, de se contrôler puis d’être hors contrôle, c’est comme une cime, un sommet. Une fois que vous avez atteint un certain niveau de vitesse, vous n’avez plus le contrôle de quoi que ce soit, il y a une certaine excitation qui vient. C’est la même chose lorsque votre liberté est poussée à la limite, même si vous pouvez être jeté en prison pour ce que vous avez fait. Si vous deviez perdre votre liberté ou votre vie, qu’est-ce que
vous choisiriez ? C’est un peu ça le monde des rebelles, et quelque part c’est assez excitant. Ça m’intrigue, et j’aime ça, j’aime chaque seconde de ce film, et je le referais encore si on me le demandait.
Et puis je fais partie de ce monde des courses depuis que j’ai seize ans. J’ai eu un petit ami pendant six mois de ma vie qui faisait partie de ce monde, à New York. A New York, vous êtes poursuivis par les flics quand vous êtes poursuivis... par d’autres voitures ! (rires)
Je trouve ça très beau. Je comprends ça, je comprends tout ce qui est underground, de la mafia aux courses de voitures !
Quels souvenirs vous avez de votre collaboration avec Karyn Kusama sur GIRFIGHT ?
C’est un metteur en scène extraordinaire, la meilleure aujourd’hui. Simplement parce qu’elle a une grande compréhension des gens et de leur psychologie. Je trouve que c’est l’aspect le plus intriguant du travail de mise en scène. Vous êtes presque sa matière première. Elle sait comment s’y prendre, comment sortir ce qu’elle veut de vous, en fonction de ce que vous êtes. C’est important, parce que beaucoup de metteurs en scène ne font que vous regardez comme un pion sur un jeu d’échecs, et c’est comme ça qu’on obtient des films édulcorés. Elle m’a appris beaucoup sur le cinéma.
Je ne m’étais jamais intéressée avant au monde de Stanley Kubrick par exemple, et elle m’a fait entrer dans tout ça. Je lui serai à jamais redevable pour ça. Elle m’a beaucoup appris... en fait presque tout ce que je sais. Je lui suis très reconnaissante. Et elle va faire plein de bons films dans la suite de sa carrière, je suis sûre de ça.
Propos recueillis à Deauville par Olivier Salvano
Interview de : Rob Cohen, réalisateur de FAST AND FURIOUS (26/09/2001)
« Le street-racing n’est pas seulement un hobby, c’est vraiment un style de vie ! »
Avant de s’attaquer à la réalisation de TRIPLE X, une sorte de James Bond punk avec Vin Diesel (l’un des protagonistes de son dernier film), Rob Cohen est venu à Deauville pour y présenter FAST AND FURIOUS, un film sur–vitaminé consacré aux jeunes gens passionnés de courses de rues (street-racing) dans des voitures gonflées à bloc...
Que pensez-vous du street-racing (courses de rue) ?
Je pense que le street-racing est une nouvelle dimension vraiment excitante dans la vie des jeunes des centres urbains, des « quartiers ». Je pense que, même si c’est illégal, c’est en train de devenir le facteur d’une grande créativité. Dessiner, construire, peindre ces voitures demande une énorme éducation et un énorme travail. Les jeunes qui s’engagent dans ces courses ne se droguent pas, ne boivent pas quand ils conduisent parce que sinon ils ne pourraient jamais gagner, ils ne sont jamais violents les uns envers les autres, ce ne sont pas des gangs. Ce n’est pas non plus comme dans BOYZ N THE HOOD, où certains s’entretuent parce qu’ils portent des tee-shirts de couleur différente.
Vous pouvez avoir aussi, comme je l’ai vu dans les rues de Los Angeles, New York, Chicago, San Francisco, Dallas, Miami, des jeunes de toutes les races qui se rassemblent au milieu de la nuit pour faire une course de voitures. L’honneur revient à celui qui a la meilleure voiture et pas à celui qui a la meilleure race. Ils parlent de course (Ndlr : « race » ou « racing » en anglais) et pas de race (Ndlr, également « race » en anglais) !
Il y a une prière dans le film, qui est une prière au « Dieu des voitures ». Est-ce que c’est une plaisanterie, ou est-ce le reflet de la stupidité des gens qui pratiquent ce drôle de sport ?
Non, je pense que quand Jesse fait cette prière, c’est un jeune garçon, et il cherche vraiment à savoir envers quoi il est le plus reconnaissant au monde. Je crois que quelqu’un peut prier pour que des choses se produisent, ou pour remercier pour quelque chose. Je pense que c’est plus approprié, pour un homme qui prie, de dire « merci pour la bonne santé dont j’ai profité » plutôt que « s’il vous plaît, donnez-moi une bonne santé ». Je ne pense pas que Dieu aime les mendiants. Quoi qu’il en soit, la prière de Jesse n’est pas stupide, c’est juste la prière
d’un garçon de 17 ans qui repense à toutes les choses aux mondes qu’il est reconnaissant d’avoir. Il est reconnaissant pour tous les trucs qu’il admire dans sa voiture ou dans le monde des voitures. C’est un beau moment pour ce personnage de dire à quel point cette activité compte dans sa vie. Ce n’est pas seulement un hobby, c’est vraiment un style de vie.
Comment expliquez-vous le succès de FAST AND FURIOUS aux Etats-Unis, alors que dans le même temps un film comme DRIVEN, avec Sylvester Stallone, essuyait un véritable échec ?
Nous avons fait 142 millions de dollars de recettes en neuf semaines cet été, ce qui fait du film un succès substantiel, puisqu’il a coûté 38 millions de $. C’est un vrai succès pour tous ceux qui se sont impliqués dans le film et pour Universal. Je pense que la différence de FAST AND FURIOUS avec les autres films de « street racing », c’est d’abord l’expérience visuelle de la course avec une manière viscéralement différente de montrer la vitesse. Mais en fin de compte ce n’est pas un film sur le fait de gagner une coupe, sur le vol de voitures ou je ne sais quoi encore...
C’est un film sur les gens, sur les relations entre les gens. C’est aussi le premier film qui se focalise vraiment sur cette sous-culture de la course de rue, qui est une forme de course accessible pour les jeunes du monde entier. Ils ne vont pas conduire une voiture de Formule 1 ni une Ferrari. Cependant ils peuvent apprendre plein de choses. En apprenant la mécanique, en ajoutant des pièces à la voiture, en faisant du « tuning », ils transforment leurs voitures en véritables voitures de course. Je pense que c’est un film à propos d’un monde en rapport avec le grand public, avec les jeunes de tous les pays et non pas sur un sport réservé aux riches, c’est vraiment un sport très « prolétarien ». Ce succès, ce n’est pas quelque chose que j’ai prémédité, j’estime aussi qu’il y a une certaine part de chance et de bonne grâce des Dieux du cinéma dans ce succès.
Quand j’ai vu votre film, j’ai pensé à Tony Scott (TOP GUN, JOURS DE TONNERRE) parce qu’il y a beaucoup de similitudes. Avez-vous vu ses films ?
Oui, bien sûr, Tony est un de mes amis, et j’ai évidemment vu JOURS DE TONNERRE. Jerry Bruckheimer (Ndlr : producteur, notamment de TOP GUN) aussi est un de mes amis.
Quand il s’agit de voitures qui font des courses sur piste, c’est encore une fois un sport de personnes très riches, c’est une énorme industrie. Ce n’est pas le genre de sports que les jeunes sont susceptibles de pratiquer un jour, sauf en spectateurs. Tony a un sens filmique très agressif, et c’est quelque chose que j’admire énormément. J’ai essayé de construire quelque chose à partir de ça, d’y poser ma propre empreinte.
Dans le film, il y a beaucoup de voitures, beaucoup de bruit, plein de styles de musique, des belles filles, de beaux garçons... ça ne fait pas beaucoup de clichés aussi ?
Ça dépend de la façon dont vous utilisez les clichés, sur quoi vous les faites porter, si c’est nouveau ou si vous refaites quelque chose qui a déjà été fait plein de fois.
Ce qu’il y a d’amusant à propos de ces films où l’on a des racines, comme dans POINTBREAK (ndlr, le film de Kathryn Bigelow) ou les films de Roger Corman, c’est de prendre toutes ces grandes idées et d’en faire quelque chose de nouveau, pour 2001, et je pense que c’est ce que j’ai fait... Eviter les clichés pour éviter les clichés, c’est la même chose que d’éviter la vérité parce que c’est la vérité !
Propos recueillis à Deauville par Olivier Salvano
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