|
Critiques professionnelles :
Critique de MonsieurCinema.com :
LE PARADIS, C’EST L’ENFER
La musique de Pierre Bachelet, la campagne verdoyante, la camaraderie autour d’un verre à une terrasse de café, un paysan attendrissant amené à rencontrer un citadin élégant et beau parleur… Autant d’ingrédients qui avaient valu un grand succès public aux ENFANTS DU MARAIS (plus de deux millions d’entrées en France), et que l’on retrouve deux ans après, avec le même tandem, dans UN CRIME AU PARADIS. Mais l’ambiance est beaucoup moins bucolique. Pour ainsi dire empoisonnée ! Lulu Braconnier mène la vie dure à Jojo, son brave éleveur de chèvres de mari, et rêve de l’empoisonner. C’est finalement Jojo qui commettra le crime parfait, par l’entremise d’un brillant avocat. L'intrigue du nouveau
film de Jean Becker vous dit peut-être quelque chose : elle est tirée de LA POISON, film de Sacha Guitry de 1956 avec Michel Simon et Pauline Carton, entre autres. Mais il ne s’agit pas dans ces lignes de faire une comparaison plan par plan entre les deux films, tout simplement parce qu'ils sont radicalement différents. Jean Becker explique lui-même qu’il n’a pas eu la prétention de faire un remake, et admet s’être simplement « servi » de l’histoire. UN CRIME AU PARADIS se démarque d’ailleurs de LA POISON par plusieurs points : les personnages n’ont pas les mêmes prénoms (Paul et Blandine Braconnier dans le film de Sacha Guitry deviennent Jojo et Lulu), l’action se déroule dans une ferme rebaptisée Le Paradis, non plus dans les années 50 mais en 1980, juste avant l’abolition de la peine de mort, et la mercière (géniale Pauline Carton chez Guitry) devient la vieille maîtresse d’école, confidente de Jojo.
UNE POISON AUX AIRS DE CHAT
Jean Becker a délaissé plusieurs aspects du film de Guitry : la mesquinerie des habitants ravis du meurtre « miraculeux » qui va redonner vie au village, le cas de conscience de l’avocat qui n’accepte de défendre que les criminels… Le réalisateur et son complice d'écriture Sébastien Japrisot ont préféré creuser davantage les personnages. Ainsi, ils trouvent des circonstances atténuantes à l’affreuse Lulu, alcoolique et terriblement seule, qui a perdu sa sœur jumelle quand elle avait cinq ans, et qui redevient humaine sur la tombe de l’enfant. Ils nous montrent aussi un Braconnier beaucoup moins cynique, qui murmure à l’oreille des chèvres et collectionne les timbres, faisant presque pitié. En agrémentant LA POISON, Becker et Japrisot ont quelque peu gommé la subtilité des textes de Guitry, mais ont apporté une touche d’humanité à ces deux anti-héros, dont le duel permanent, sur fond de
« qui fera le plus de vacheries à l’autre », rappelle LE CHAT de Pierre Granier-Deferre avec Gabin et Signoret. Restent quelques passages savoureux : la visite de Braconnier-Villeret, exceptionnel de naïveté et de bonhomie, chez l’avocat Dussollier, parfaitement cynique, le face-à-face entre Braconnier-l’accusé et l’avocat général-Prévost. Certes, Josiane Balasko, méconnaissable, en fait parfois des tonnes, et quelques erreurs de casting détonnent dans le décor un peu trop « carton-pâte », comme Roland Magdane et son accent forcé. Mais plusieurs présences judicieuses (Suzanne Flon, Dominique Lavanant) et une mise en scène théâtrale très drôle font de ce CRIME AU PARADIS une comédie populaire, qui n'échappera certainement pas aux comparaisons avec le bijou de Guitry, mais qui n’a aucun complexe à avoir.
Stéphanie Thonnet
CONTRE / CONTRE
Des complexes, certes, le film de Jean Becker n’en a pas, et heureusement pour lui car franchement UN CRIME AU PARADIS est caricatural de bout en bout. Il faut voir cette pauvre Josiane Balasko (en roue libre, elle en fait des tonnes) se débattre avec un look et un personnage improbables et surtout indéfendables. On ne croit pas un seul instant que ce brave “con” de Jojo Braconnier (Jacques Villeret qu’on aimerait voir dans un rôle différent de celui du “couillon” de service) ait pu supporter la présence de cette femme plus de cinq minutes. Rien dans le portrait qu’en fait Jean Becker ne laisse présager que ces deux-là aient pu s’aimer même l’espace de quelques secondes d’égarement. Ajoutez-y la musique insupportable ment bucolico-nostalgique de Pierre Bachelet et la présence incongrue de Roland Magdane et de Valérie Mairesse (honteusement sous-employée) et vous obtenez un film inutile et énervant. Heureusement, reste la présence
réconfortante d’André Dussollier (épatant dans le rôle de l’avocat dupé), de Daniel Prévost (toujours parfait) et celle de la très attachante Suzanne Flon. Ils constituent les seuls centres d’intérêts de cette comédie dramatique vieillotte, vaguement nostalgique et dont, il faut bien l’avouer, on se contrefiche assez rapidement de savoir quelle va en être l’issue.
Jean-Luc Brunet
Le Figaro - Claude Baignères - 28/02/2001
«Tous ces comédiens de première grandeur sont (...) servis par un dialogue étourdissant qui éclaire jusqu'aux profondeurs les instincts respectifs de leurs personnages. Ce qui va beaucoup plus loin qu'un simple divertissement (...) »
Le Figaro magazine - Daniel Toscan du Plantier - 24/02/2001
«Le film repose sur le génie de Jacques Villeret, qui s'empare à sa façon de ce rôle effrayant qu'il humanise et attendrit par sa bonhomie bienveillante.»
Cinopsis Sylvie Jacquy - 28/02/2001
«Une mise en scène et un scénario sans surprises font d'Un crime au paradis un film attendu et convenu, le potage est bien servi mais manque un peu de sel. »
Figaroscope - Françoise Maupin - 28/02/2001
«(...) force est de reconnaître qu' Un crime au paradis n'a pas la force corrosive de La Poison de Sacha Guitry (...). Toutefois, (...) il est indéniable que Jean Becker est un grand directeur d'acteurs.»
L'Express - Sophie Grassin - 01/03/2001
«Jacques Villeret (...) frise le génie, surtout lorsqu'il se trouve un partenaire à la hauteur, du calibre d'André Dussollier. Ce qui suffit à estomper les ardeurs patoisantes d'un scénario parfois trop illustratif (...)»
Première - Stéphanie Lamome - 01/03/2001
«Ce potage bio rigolo, mouliné par Becker/Japrisot pour la plus grande joie des édentés, tient sans problème au corps du grand public.»
Repérages - Teddy Roudaut - 01/03/2001
«Après Les Enfants du marais, une nouvelle preuve de la renaissance de la "qualité françêêêêse"… Quel intérêt ?» Lire l'article
Urbuz.com - Jean-Philippe Tessé - 27/02/2001
«L'ambiance Soupe au chou dans laquelle baigne le film liquide rapidement tout l'humour subversif voire cynique de l'oeuvre de Guitry, qui doit laisser la place à un comique gaillard, certes très efficace (on rit beaucoup) mais bien plus épais.»
Studio - Thierry Cheze - 01/03/2001
«(...) le réalisateur des Enfants du marais poursuit dans sa voie d'un cinéma populaire joliment suranné.»
Les avis des spectateurs :
Sublime.
Un bonheur. Comme toujours Jacques Villeret joue merveilleusement, passant du comique au tragique en un temps éclair. Émotions et fous rires sont programmé grâce au jeu de Jacques Villeret. Un rôle fait sur mesure.
Un film drôle, à l'humour noir, servi par des comédiens épatants !
Ce film est une excellente comédie à l'humour noir. Tous les acteurs sont formidables, les principaux, Villeret, Dussollier, Balasko (même si celle-ci en rajoute parfois un peu trop dans les mimiques et la caricature de la mégère). On y retrouve également des seconds rôles exceptionnels, Suzanne Flon, Daniel Prévost et Dominique Lavanant. Après 6 ans d'absence, la comédienne (Christiane, dans "Les Bronzés") interprète un de ces rôles dans lesquels elle excelle, une pharmacienne pincée et vieille fille, qui a l'oeil sur tout. Un régal ! Un film très agréable donc, assez amoral, mais cela change des productions habituelles et cela fait du bien !
Un petit film surprenant.
A première vue, on est en droit de se demander "qu'est-ce que c'est encore que ce film français de beaufs ?". Certes l'affiche n'est pas des plus attrayantes et on ressent ce petit goût de "déjà-vu". Mais quand on rentre dans cette univers campagnard, on change bien vite d'avis.
Une très bonne reconstitution de la vie paysanne, un jeu d'acteurs exceptionnel, une histoire vraiment très plaisante et avec beaucoup d'humour. Non, décidément, on ne s'ennuie pas et on sort sincèrement avec le sourire aux lèvres
Un film gentillet qu'on croirait tout droit sorti des 80s.
"Un crime au paradis" est un film sympathique, gentillet, démodé avant même de sortir.
Villeret et Balasko sont cependant formidables, mais on peut se demander ce que ce film apporte de plus par rapport à la version de Guitry.
Une histoire triste racontée avec humour !
Un beau film, avec des acteurs plus vrais que nature, beaucoup d'humour, mais au fond, je dirais que c'est un film qui raconte une situation tragique. C'est un film triste.
Début laborieux, fin éclatante
Ceux qui n'apprécient pas la sphère judiciaire parce que trop froide, trop distante... changeront d'avis, au moins le temps de ce film. L'histoire est assez (trop) longue à se mettre en place et malgré le jeu "paysan" d'acteurs tout à fait remarquables, on s'ennuie vite de voir cet environnement tantôt vulgaire tantôt encore trop mondain.
Mais le film est heureusement sauvé grâce à la justice: l'avocat est sensationnel, les juges parodiques à souhait. C'est alors un vrai régal, et le rire vous prend et vous surprend.
Donc, un bon petit film français tout à fait charmant malgré l'inégalité de son scénario. A Voir
Faute de mieux, un bon téléfilm de semaine.
Malgré le jeu magnifique des principaux acteurs, malgré le jeu de Jacques Villeret qui parvient à nous tirer une larme, ou celui d'André Dussollier en avocat efficace, ou celui de Josiane Balasko qui met le doigt sur sa méchanceté au cas où on ne la verrait pas (à son sujet, c'est la vie qui l'a rendue méchante, ce point est peu exploité). Malgré tout, ce film reste peu convaincant.
Cela dit, allez-le voir, ne serait-ce que pour la scène de la première rencontre avec l'avocat (l'épouse n'étant pas encore morte), pour la scène du retour à la maison et surtout pour la scène sublime autant qu'inutile de l'envolée philatélique entre le Président du tribunal et son accusé.
Cynique à souhaits, des acteurs en or !
Une bonne comédie à la française qui aurait mérité un peu plus de rythme. La confrontation entre les deux époux, est délicieuse ! La rencontre entre "Jojo" et l'avocat est cocasse et bien orchestrée. L'affrontement verbal entre un avocat habile, un accusé touchant et un procureur cynique est bien interprétée. L'ensemble produit un long métrage agréable à regarder, avec des acteurs bien dans leur rôle et une mise en scène aboutie. Il manque juste un petit quelque chose pour avoir la dernière étoile. |
Jacques Villeret au cinéma :
Josiane Balasko au cinéma :
Critique de Stuffou :
Un très beau film français, à la fois triste et émouvant, comique et amusant. Les acteurs sont magnifiques, l'histoire heureuse et dramatique.
Ce film est à la fois simple et original.
L'idée est fantastique, à mi chemin entre le crime passionnel et la fatalité.
Ce qui est magnifique, c'est que le sujet est traité à la fois de manière tragique et de manière comique. Parfois on a de la compassion, de la tristesse, et à la seconde suivante on se surprend à sourire ou à rire.
On se retrouve à une époque qui nous semble lointaine, sans ordinateurs, sans voitures modernes, sans téléphones sans fils. En pleine campagne, on découvre la vie troublante d'un couple qui vit simplement, sans artifices.
La prestation des acteurs est merveilleuse. Jacques Villeret est parfois très touchant, parfois très fort et "manipulateur". Josiane Balasko a également ces moments de tendresse, mais c'est surtout de la haine que l'on ressentira pour elle.
Étant donné la plaidoirie qui est faîte au tribunal, on comprend difficilement la décision judiciaire prise. Toutefois, le film ne se termine pas sur ce jugement, il y a un suite qui est bien agréable et qui change de l'habitude.
Il faut absolument le voir. Un chef d'oeuvre de simplicité et d'originalité.
Trouver une séance ou plus d'infos avec

|