Hélène de Fougerolles : Actrice et Comédienne Française

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Le mariage de Lola
E. F.
[05 janvier 2005]

L'oeil qui frise, la parole vive et énergique. Une petite mouche piquante installée au-dessus de sa lèvre s'agite à chaque fois qu'elle rit. Hélène de Fougerolles est un concentré de bulles. Elle pétille comme du champagne. «J'ai trente et un an, je suis enfin bien dans ma peau, j'ai la vie et les rôles dont je rêvais.» En un mot, la belle Hélène est «heureuse». Dans Le plus beau jour de ma vie, comédie délurée sur le mariage de Julie Lipinski, elle est Lola. «Au cours d'un dîner, tous ses amis lui annoncent qu'ils vont se marier. Elle vit depuis cinq ans avec Arthur et elle se rend compte que son seul projet est de prendre un labrador. Elle n'a alors plus qu'une idée en tête, se marier ! Mais plus les préparatifs avancent, plus elle réalise que ce n'est pas nécessaire pour mieux s'aimer.»

A-t-elle des points communs avec Lola ? «Elle me ressemble vraiment. J'ai une sensibilité identique même si je suis plus forte aujourd'hui. Ma mère est pareille à celle de Lola, très indépendante. On a déménagé onze fois en quinze ans. Une vraie vie de bohème, de la Bretagne à La Garenne-Colombes en passant par la Guadeloupe. Ma mère a largué mon père en cours de route... En réaction, j'ai souhaité avoir une vie plus construite et planifiée. J'avais, par exemple, décidé d'avoir un enfant à trente ans.» Et alors ? «J'ai une petite fille, Shana, qui est âgée de vingt et un mois.» Et le mariage ? «Je n'aime pas les grands mariages. C'est un calvaire, un enfer. Je me suis mariée il y a quatre ans à Venise, en petit comité.» Le voyage de noces ? «Vingt et un jours à Tahiti.»

Retour en arrière. «J'ai arrêté l'école à 16 ans pour devenir actrice. Mon parcours n'a pas été simple. Je me suis pris beaucoup de claques. J'ai eu de nombreuses désillusions dans la vie comme dans mon métier. Mais je me suis toujours relevée.» Elle a débuté en 1993 avec Mocky (Le Mari de Léon), enchaîné avec Rivette (Jeanne la Pucelle), Klapisch (Chacun cherche son chat), Deville (La Divine Poursuite). «C'étaient à chaque fois des petits rôles ou des silhouettes. Comme je suis une aristo fauchée, il fallait bien que j'arrive à payer le loyer. Alors entre les tournages, les castings galères, la dizaine de cours de théâtre que j'ai écumés et où on me disait que j'étais nulle, j'ai été serveuse, j'ai vendu des fringues, j'ai fabriqué des colliers. Pour moi, avoir vingt ans a été le pire des âges.»

A vingt-six ans, elle décroche «enfin, un premier rôle» dans Que la lumière soit ! d'Arthur Joffé. «Ce film a changé ma vie. Tout d'un coup, j'ai reçu des scénarios, j'ai eu la possibilité de faire des choix.» Elle s'est, entre autres, baladée sur La Plage de Danny Boyle, a vécu un Mortel Transfert avec Jean-Jacques Beineix et un Raid spectaculaire sous la direction de Djamel Bensalah. Tout sourit maintenant à Hélène que l'on verra le 12 janvier au côté de Marion Cotillard dans Innocence de Lucile Hadzihalilovic. «Une oeuvre très sombre qui se déroule dans un orphelinat de petites filles.» Et le 2 mars dans Les Gens honnêtes vivent en France de Bob Decout. «C'est un film satirique sur l'adoption que l'on a tourné en Colombie. Bob Decout est un vrai dingue, à mourir de rire. J'ai un rôle de cinglée. Je ne pouvais pas passer à côté de ça !» C'est l'heure du bain, Shana, l'attend. Et Hélène de Fougerolles, de s'envoler comme une bulle...




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